Jesus-Rafael
Soto

Jesus-Rafael Soto

Jesús-Rafael Soto était un artiste plas­ti­cien (sculp­teur et pein­tre), né le 6 juin 1922 à Ciudad Bolivar, Venezuela, et décédé le 14 jan­vier 2005 à Paris.

Il est célè­bre pour ses pein­tu­res et cons­truc­tions géo­mé­tri­ques, jouant avec les effets d’opti­que. Il est de plus un artiste emblé­ma­ti­que des mou­ve­ments Op Art/Art ciné­ti­que. Soto a notam­ment exploré la ques­tion de l’impli­ca­tion du spec­ta­teur dans l’œuvre avec ses « Pénétrables ».

En 1950 Il s’ins­talle à Paris. Il assiste aux confé­ren­ces de l’ate­lier d’art abs­trait fondé par Jean Dewasne et Edgard Pillet.

En 1952 il col­la­bore avec Otero, Alexander Calder, Fernand Léger, Antoine Pevsner, Henri Laurens, Hans Arp, et d’autres dans les “Proyecto de Integración de las Artes” (projet d’inté­gra­tion des arts) à la Universidad cen­tral de Venezuela, diri­gée par l’archi­tecte Carlos Raúl Villanueva ; le projet a été conçu pour inté­grer l’archi­tec­ture avec l’art des moder­nis­tes d’avant-garde.

En 1955, il par­ti­cipe à l’expo­si­tion "Le Mouvement" à la Galerie Denise René. Pendant ce temps il explore les pro­blè­mes per­cep­tuels du sys­tème abs­trait-cons­truc­ti­viste, avec des idées aux­quel­les contri­buent Victor Vasarely, Yaacov Agam, Jean Tinguely et Julio Le Parc ; son explo­ra­tion s’appro­fon­dit et aug­mente quand il se fami­lia­rise avec le tra­vail de Marcel Duchamp. Il déve­loppe un voca­bu­laire ciné­ti­que à l’ori­gine des fabri­ca­tions en série pro­dui­sant des vibra­tions opti­ques : celles-ci, à leur tour, modi­fient l’espace et la per­cep­tion du vision­neur. Il expé­ri­mente également les plans chro­ma­ti­ques et les qua­li­tés trans­for­ma­bles de la cou­leur, explo­rant les rap­ports entre les lignes paral­lè­les et la figure, et entre le fond et le pre­mier plan, afin de pro­duire du mou­ve­ment dans les pein­tu­res, des cons­truc­tions tri­di­men­sion­nel­les, et des reliefs.

Il crée ses pre­miè­res "Vibraciones" en 1958, pein­tu­res dans les­quel­les il intè­gre le mou­ve­ment dans la sur­face bidi­men­sion­nelle par une super­po­si­tion struc­tu­rale de lignes, d’éléments sus­pen­dus, et de figu­res géo­mé­tri­ques qui pro­dui­sent des vibra­tions opti­ques pen­dant que le vision­neur se déplace.

En 1963, il gagne le prix "Lobo" à la Biennale de São Paulo, et l’année sui­vante il reçoit le deuxième prix de D. Brigtht à la Biennale de Venise.

Vers la fin des années 1960, il crée ses "Penetrables", qui se com­po­sent de fils cons­truits à partir de maté­riaux flexi­bles ou métal­li­ques sus­pen­dus qui se met­tent en marche quand les spec­ta­teurs agis­sent l’un sur l’autre et pas­sent parmi eux.

Parmi les nom­breu­ses com­mis­sions pour les sculp­tu­res publi­ques et les pro­jets archi­tec­tu­raux qu’il a reçu se trou­vent les "muraux ciné­ti­ques" pour le Montreal World’s Fair buil­ding (1967). Au Kunsthalle Göteborg Suède, il ren­contre le pein­tre-sculp­teur ciné­ti­que Youri Messen-Jaschin, avec lequel il par­tage ses idées sur le mou­ve­ment opti­que. Il crée des muraux pour les sièges sociaux de l’Unesco à Paris (1970) ; le mural pour "el Museo de Arte Contemporáneo" à Caracas (1974) ; la tour Capriles à Caracas et "La Esfera vir­tual" (la sphère vir­tuelle) pour le parc olym­pi­que de sculp­ture à Séoul (1988).

En 1973, il a fondé "el Museo de Arte Moderno Jesús Soto" dans Ciudad Bolívar, Venezuela, avec des tra­vaux de sa col­lec­tion ; c’est Villanueva qui a conçu le bâti­ment du musée.

Soto reçoit en 1995 le Grand Prix National de la Sculpture en France.

Son tra­vail a été exposé par­tout dans le monde et peut être trouvé au hall du bâti­ment de l’Unesco à Paris (1969), à la banque de Toronto (1977) et au forum du Centre Pompidou à Paris (1987).