À propos de l'exposition


L’expo­si­tion NO MONEY NO HONEY à la gale­rie aura lieu du 21 octo­bre au 3 décem­bre.


Au même moment, vous pour­rez retrou­ver une grande ins­tal­la­tion de Malachi Farrell dans les arbres du Jardin des Plantes près de l’entrée rue Geoffroy Saint Hilaire, entre les deux serres.


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dossier de presse de l'exposition (pdf)

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Communiqué

Strange Fruit est une chan­son. La chan­teuse afro-amé­ri­caine Billie Holiday l’inter­préta pour la pre­mière fois en 1939, au Café Society à New York. Ce poème écrit en 1937 par Abel Meeropol compte parmi les réqui­si­toi­res artis­ti­ques contre les lyn­cha­ges cou­ram­ment pra­ti­qués dans le sud des États-Unis ; elle est en outre consi­dé­rée comme l’une des pre­miè­res mani­fes­ta­tions du mou­ve­ment pour les droits civi­ques dans ce pays. Le terme « Strange Fruit » est d’ailleurs devenu syno­nyme de lyn­chage .


Le « Strange Fruit » évoqué dans le mor­ceau est le corps d’un noir pendu à un arbre. On peut lire dans la deuxième stro­phe : « Scène pas­to­rale du vaillant Sud, Les yeux exor­bi­tés et la bouche tordue, Parfum du magno­lia doux et frais, Puis une sou­daine odeur de chair brûlée ».


Southern trees bear a strange fruit


Blood on the leaves and blood at the root


Black body swin­ging in the Southern breeze


Strange fruit han­ging from the poplar trees


Les arbres du Sud por­tent un étrange fruit,


Du sang sur les feuilles et du sang aux raci­nes,


Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,


Étrange fruit sus­pendu aux peu­pliers.


Pastoral scene of the gal­lant South,


The bul­ging eyes and the twis­ted mouth,


Scent of magno­lia sweet and fresh,


Then the sudden smell of bur­ning flesh !


Scène pas­to­rale du valeu­reux Sud,


Les yeux exor­bi­tés et la bouche tordue,


Parfum de magno­lia doux et frais,


Puis l’odeur sou­daine de chair brûlée !


Here is fruit for the crows to pluck,


For the rain to gather, for the wind to suck,


For the sun to rot, for the trees to drop,


Here is a strange and bitter crop.


C’est un fruit que les cor­beaux cueillent,


ras­sem­blé par la pluie, aspiré par le vent,


Pourri par le soleil, laché par les arbres,


C’est là une étrange et amère récolte.


A l’image d’une fable contem­po­raine, les « Strange Fruits » de Malachi Farrell, nous par­lent de ques­tions socia­les, poli­ti­ques, iden­ti­tai­res et ter­ri­to­ria­les. Repris d’un poème pro­tes­ta­taire de Abel Meeropol (Bronx) des années 1930, Malachi s’appro­prie la mémoire col­lec­tive. Les mondes se super­po­sent. Au monde de l’amour avec la chan­son « she loves you » des Beatles détour­née et théâ­tra­li­sée par Peters Selers se connecte celui d’une société vio­lente qui pend les hommes « un fruit étrange », amas de bas­kets usagés, grap­pes, sculp­ture… Ces chan­de­liers vétus­tes com­po­sés de chaus­su­res sont la repré­sen­ta­tion d’un désar­roi iden­ti­taire actuel où nous sommes tous amal­ga­més et indi­vi­duels à la fois. Malachi Farrell ne manque pas d’Esprits. Avec ironie et humour, machi­nes et sons, bri­co­la­ges et tech­no­lo­gies de pointe, il nous emporte d’un monde à l’autre.