À propos de l'exposition

Exposition 


 « New Indians » par Chintan Upadhyay


 


Chintan Upadhyay explore deux cultures différentes.


Le mélange stylistique et iconographique est à l'image de l'Inde d'aujourd'hui : folle synthèse d'une culture traditionnelle ancrée dans une société chaque jour plus moderne et cosmopolite.


L'art de Chintan Upadhyay traduit cette dualité qui a rythmé sa vie.


Né dans le Rajasthan, il évolue dans la tradition locale des miniatures rajasthanies et mogols.


Après des études d'Art dans le Gujarat, il part vivre à Bombay où il découvre une culture métropolitaine, variée qui va inspirer ses créations notamment sa série de « Mutants » présentés à la Galerie Natalie Seroussi.


Cette « mutation » n'est pas un hasard : elle est stylistique mais aussi sociale. Les hybrides d'Upadhyay sont souvent représentés seuls, sur fond uni et format quadrangulaire : l'artiste souligne par cette composition l'idée de solitude ressentie au sein des grandes villes, fabriquées de toute pièce, qui ne prennent pas en compte les désirs des habitants, mais la nécessité d'habiter dans une ville à proximité des zones actives.


L'artiste emprunte les couleurs du folklore indien et les retranscrit par des aplats. D'autre part, les aplats renforcent l'aspect dénonciateur de la société consumériste, ce qui rend l'image ambiguë, à la fois douce et violente : les « mutants » sont des bébés autonomes, dodus et tatoués (rite initiatique indien). L'artiste mêle ainsi les moeurs et la volonté de s'inscrire dans une vision contemporaine de l'Inde, pays en pleine mutation et expansion.


En associant des corps de bébés totalement « robotisés », à des miniatures traditionnelles, souvent issues du Kama Sutra, il confronte dans la même oeuvre deux modes de conception opposés : l'un cultuel, l'autre standardisé, à l'image des clones.


Chintan Upadhyay soulève alors deux points forts de l'Inde actuelle : la robotisation croissante de la société mais aussi la question démographique.


En effet, le choix de représenter des bébés mâles n'est pas anodin dans un pays où encore aujourd'hui, dans de nombreuses régions notamment le Rajasthan, il est préférable de donner naissance à un garçon.


Mais à l'ère de la mondialisation où l'ouverture est omniprésente, les mentalités évoluent:


Chintan Upadhyay nous l'a démontré en créant, récemment son premier hybride de sexe féminin et qui sera présenté durant l'exposition « New Indians » à la Galerie Natalie Seroussi